Juste avant mon départ pour le Japon, début août 2011, une amie me parle d'un stage de 2 jours qui doit avoir lieu à Rennes en septembre. Sans réfléchir davantage je décide de m'y inscrire et c'est ainsi que je rencontre à la fois le butô et le danseur chorégraphe Gyohei Zaitsu.

J'ai ensuite simultanément peur et envie de poursuivre. L'envie gagne, je refais deux autres stages courts et l'été 2012 décide de participer à un stage de deux semaines. le départ d'une grande aventure.

En effet, à l'issue de ce stage, une quinzaine de participants, venus de la France entière et même de plus loin, se sont regroupés autour du danseur et chorégraphe  Gyohei Zaitsu. Un collectif est ainsi né.

Ce collectif est, de par sa forme, en dehors des conventions établies. Il n’a ni nom, ni structure administrative.

Ses membres se retrouvent deux fois par an sur des périodes de résidence de deux semaines environ, pour travailler ensemble. Ces périodes peuvent aboutir à la création d’un spectacle, ou tout simplement être des temps de recherche de la danse permettant ensuite aux danseurs de proposer des performances en totale improvisation.

Ce mode de fonctionnement permet au collectif de répondre à des demandes, de saisir des opportunités de danse selon la disponibilité et l’envie de chacun. Les performances proposées sont alors à nombre variable de danseurs, du solo au groupe d’une dizaine d’individus.

Les performances sont toujours adaptées au lieu et en lien avec l’environnement, peuvent être en intérieur ou extérieur et ce quelques soient les conditions météo.

J'ai continué à enchaîner les stages et ateliers, avec Gyohei mais aussi sa compagne, la danseuse Maki Watanabe. Puis il y a eu les rencontres avec le public. Issue du monde du théâtre, ce n'était pas pour moi une réelle nouveauté. Pourtant c'était bien différent. Une vraie mise à nu. Rien à quoi s'accrocher, pas de texte, pas de mise en scène figée. Un grand vide.

J'ai ainsi participé aux spectacles du collectif, à d'autres créations en plus petits groupes, et dansé en solo. 

Je ne considère pas avoir acquis quoi que ce soit, et suis en perpétuelle recherche de ma danse. Avec parfois des découragements et l'envie de tout laisser tomber. Mais la force qui me pousse à danser est plus puissante, et je persévère à apprendre à soutenir le vide.

2011, c'est aussi l'année de naissance de la Cie Hayat, créée avec ma fille Solenne, comédienne. Initialement plus tournée vers le théâtre, Hayat propose aujourd'hui de la danse butô avec des spectacles, performances, et des ateliers de recherche autour du mouvement. Et prochainement Solenne présentera un spectacle de marionnettes, actuellement en cours de création/répétitions.

© Françoise Royer-Rondeau